Comprendre les différentes situations

Toutes les situations de dommages corporels ne se traitent pas de la même façon. Il convient en premier lieu de bien identifier le cadre juridique applicable, car il détermine les voies de recours disponibles, les délais à respecter et les indemnisations accessibles.

Accident médical fautif
Aléa thérapeutique
Accident de la circulation
Définition
Faute prouvée d'un professionnel ou d'un établissement de santé
Complication grave sans faute, mais anormale au regard de l'état du patient
Dommage corporel impliquant un véhicule terrestre à moteur
Qui indemnise ?
L'assureur du responsable
L'ONIAM (solidarité nationale)
L'assureur du conducteur responsable
Voie principale
CCI puis tribunal judiciaire
CCI puis ONIAM
Amiable (loi Badinter) puis tribunal
Délai de prescription
10 ans (consolidation)
10 ans (consolidation)
10 ans (consolidation)

L'accident médical fautif

Un accident médical est qualifié de fautif lorsqu'une faute d'un professionnel de santé ou d'un établissement de santé est à l'origine du dommage subi. Cette faute peut prendre diverses formes :

Les démarches à suivre

La victime dispose de deux voies principales, qui peuvent être utilisées successivement :

La voie amiable via la CCI : c'est généralement la première étape recommandée. Elle est gratuite, rapide (6 mois en moyenne) et peut aboutir à une indemnisation sans procès. Si l'offre de l'assureur est insuffisante ou refusée, la voie judiciaire reste ouverte.

La voie judiciaire : selon la nature du praticien mis en cause, la juridiction compétente diffère. Le tribunal judiciaire est compétent pour les professionnels de santé libéraux et les établissements de santé privés. Le tribunal administratif est compétent pour les hôpitaux publics et les cliniques publiques.

Point de vigilance — Délai de prescription

L'action en responsabilité médicale se prescrit par 10 ans à compter de la date de consolidation du dommage, c'est-à-dire le moment où l'état de santé de la victime est stabilisé et ne peut plus évoluer. Passé ce délai, toute action est irrecevable. Il est donc essentiel de ne pas tarder à consulter un avocat.

L'aléa thérapeutique

L'aléa thérapeutique correspond à un accident médical grave survenu en l'absence de toute faute, lors d'un acte de prévention, de diagnostic ou de soin. Le dommage doit être anormal au regard de l'état de santé du patient et de l'évolution prévisible de sa pathologie.

Dans ce cas, aucun professionnel de santé n'est fautif, mais la victime n'est pas pour autant sans recours : c'est l'ONIAM (Office National d'Indemnisation des Accidents Médicaux) qui prend en charge l'indemnisation au titre de la solidarité nationale, sous réserve que le seuil de gravité requis soit atteint.

Le rôle de l'ONIAM

L'ONIAM intervient également en cas de carence de l'assureur du professionnel fautif (insolvabilité, refus d'indemniser) ou lorsque la CCI a émis un avis et que l'assureur n'a pas formulé d'offre dans les délais légaux.

L'accident de la circulation — la loi Badinter

Les accidents impliquant un véhicule terrestre à moteur sont régis par la loi du 5 juillet 1985, dite loi Badinter, qui a considérablement renforcé les droits des victimes en instaurant un régime d'indemnisation automatique.

Les principes fondamentaux

La loi Badinter pose deux principes essentiels :

La procédure d'indemnisation

L'assureur du responsable est tenu de formuler une offre d'indemnisation dans des délais stricts :

Ne signez pas trop vite !

Les offres d'indemnisation formulées par les assureurs sont souvent inférieures à ce à quoi la victime a droit. Une offre acceptée est définitive. Il est fortement conseillé de consulter un avocat avant toute acceptation, notamment pour s'assurer que l'état de santé est bien consolidé et que tous les postes de préjudice ont été pris en compte.

Les postes de préjudice indemnisables

Qu'il s'agisse d'un accident médical ou d'un accident de la circulation, la réparation du préjudice doit être intégrale : elle doit couvrir l'ensemble des dommages subis. On distingue les préjudices patrimoniaux et extra-patrimoniaux.

Préjudices patrimoniaux temporaires

Dépenses de santé, frais divers, pertes de gains professionnels avant consolidation

Préjudices patrimoniaux permanents

Dépenses de santé futures, assistance par tierce personne, pertes de gains professionnels futurs, incidence professionnelle

Préjudices extra-patrimoniaux temporaires

Déficit fonctionnel temporaire, souffrances endurées, préjudice esthétique temporaire

Préjudices extra-patrimoniaux permanents

Déficit fonctionnel permanent (DFP), préjudice d'agrément, préjudice esthétique, préjudice sexuel, préjudice d'établissement

Pourquoi se faire accompagner par un avocat ?

Dans toutes ces situations, l'assistance d'un avocat spécialisé est un atout décisif. Les assureurs disposent de médecins-conseils et de juristes aguerris dont l'objectif est de minimiser les indemnisations versées. Face à eux, la victime seule est en position de faiblesse.

Maître Adrien MARCOURT, fort de son Diplôme Universitaire en Droit des Patients et de son expérience en matière de responsabilité médicale et de préjudice corporel, vous accompagne pour :

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Maître Adrien MARCOURT
Avocat au Barreau de Boulogne-sur-Mer — Diplôme Universitaire en Droit des Patients

Cet article est rédigé à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Chaque situation étant particulière, il convient de consulter un avocat pour obtenir un avis personnalisé.